C'est une assez bonne question!

    Avant tout car je désir faire autre chose que ce qui se fait habituellement dans les temples tibétains. Je voudrais réellement créer une communauté, basée sur la pratique (et donc sur l'amour, la compassion, l'équanimité et la sagesse). Un véritable partage des compétences, une mise en commun du désir de progresser sur la voie. Je voudrais que nous ayons un véritable lieu de pratique ou l'on pourrai venir à n'importe quel moment (ou presque ;-) pour faire sa propre pratique (du bouddhisme tibétain tout de même, mais des moments de pratiques de la méditation seront mis en place pour tout le monde y compris les non bouddhistes) et ou l'on pourrai rencontrer quelque un qui sache vous expliquer avec des mots simples, et argumenter aussi, tout ce qu'il convient de savoir pour devenir, être et rester un laïc pratiquant bouddhiste.
Éventuellement aussi pour partager des compétences puisqu'il n'est pas interdit à un pratiquant avancé ou un enseignant de donner des cours (que ce soit Yoga, Massage ou toute forme de pratique de santé alternative et holistique) du moment que ça reste gratuit...

Le bouddhisme c'est adapté à tous les pays qu'il a traversé, il est devenu le Zen en passant au Japon, le Chan en rencontrant la Chine, le Vajrayana et le Tantrayana au Tibet... Il n'y a que les occidentaux qui se contente de prendre la pratique telle qu'elle est dans les autres pays pour ne rien adapter du tout et se contenter de copier... Nous avons pourtant une culture multi-millénaire, une façon spécifique de vivre, différente de celle de la plupart des pays asiatiques, une façon de nous nourrir et de nous soigner tout aussi différentes, alors pourquoi vouloir, en bon fainéant occidental, uniquement prendre le bouddhisme tel qu'il est pratiqué ailleurs sans l'adapter ne serait ce qu'un peu à notre mentalité?
Je voudrais être le premier maillon d'une longue chaîne de pratiquants et d'enseignants qui adapteraient enfin les différentes façons de pratiquer le bouddhisme à notre style de vie... Ainsi ma façon de pratiquer, celle qui me convient réellement, est la forme tibétaine. Mais il m'est tout simplement impossible aujourd'hui de pratiquer cette forme sous la même forme qu'elle est pratiqué dans son pays d'origine... Il faut donc adapter certaines choses, je ne parle pas ici de réduire, de minimaliser quoi que ce soit mais juste d'adapter les pratiques à nos vies, à nos obligations, à nos traditions (notamment de disponibilité du lama)...


Ensuite...

    J'ai pratiqué dans 3 sangha différentes, celle de Tich Nath Hahn (excusez l'orthographe), c'était la première, et ce qui m'avait choqué et poussé à chercher autre chose, c'était que j'étais un des seuls hommes et que les filles étaient trop contentes de m'avoir... Je sais que c'est débile, un vrai cocon cette sangha à l'époque, mais j'ai déjà des problèmes avec le désir alors je ne me voyais pas pratiquer ainsi!!! Bien que cela eut été un entraînement parfait ;-)

    La seconde, ce fut celle de Kuttolsheim, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais c'est la première fois où j'ai compris que les centres du bouddhisme tibétain jouaient tous à une sorte de concours, c'est à celui qui aura le plus grand et le plus beau centre, celui aussi où il y aurait peut être les 108 rouleaux de textes, etc... Et cela naturellement au détriment des adhérents/pratiquants qui n'ont rien de rien sans payer!!! ATTENTION, je n'ai strictement rien contre Lama Dahgpa qui lui est un saint, un homme d'une gentillesse sans pareil, qui aujourd'hui encore, lorsque je le croise au Parlement Européen à Strasbourg pour une manifestation organisée par le Groupe InterTibet du Parlement Européen, non seulement me reconnaît toujours mais aussi vient me saluer!!! Mais entre nous, ne trouvez vous pas bizarre que ce Lama ne parle toujours pas un mot de français alors qu'il est là depuis quoi - une dizaine d'année???
   Moi je vois cela ainsi ; on ne lui apprend pas à causer le français car l'association qui gère ce centre sait très bien que si il parlait français il répondrait gratuitement et de bon cœur à toutes nos questions, ce qui serait une perte sèche pour l'association!!!

    Ma troisième expérience fut celle du temple de Strasbourg, Kagyupa. Au début tout était génial (bien que...), il y avait possibilité de 4 pratiques journalières (tous les jours sauf le lundi - jour de repos), le matin très tôt on avait les 100 000 mantras, à midi il y avait Shiné, le soir à 19 heure Mahakala et à 20 heure Tchenrézi...
Impeccable tout cela, les enseignements le WE, le tout à un prix très modeste et avec un Lama français qui répondait donc correctement à nos questions!!!
Mais très rapidement j'ai eu à faire avec les petits mafieux locaux, ceux qui se disent plus anciens, qui naturellement n'osait trop rien me dire à moi (faisant dans les 100 kilos et étant agent de sécurité de métier ;-) mais trop souvent ils molestaient les nouveaux (en leur disant de partir dès la fin de la pratique, de ne pas faire ceci ou cela - ce qui n'est pas un problème en soi, mais surtout c'était le ton employé). Je me souviens tout particulièrement d'une pratique de trois jours de récitation de mantra de Tchenrézi... Chaque soir on comptabilisait les chiffres de chacun, et j'en ai vu un (un de ces anciens) réagir de façon très forte au fait qu'une dame avait récité plus de mantra que lui, et ceci sans que le Lama ne le reprenne, ne serait ce qu'un peu...
Ensuite il y a eu les autres problèmes, d'abord j'en avais marre de payer une cotisation pour permettre à un Lama de se payer des voyages en Inde régulièrement et tous les mois dans les différents Centres qui dépendent de lui!!!
Et très rapidement j'ai eu à payer plus cher et plus fort encore, car en très peux de temps j'ai eu à perdre trois êtres très chers, dont mon père mort dans des circonstance très douloureuses pour moi... A ces trois reprises j'ai demandé une entrevue au Lama qui n'a pas pu me recevoir étant systématiquement sur le départ de quelque part!!!
Récemment j'ai pu apprendre aussi que Lama Tsultrim gère aussi un Tcheuling en Martinique!!! Et bien bon voyage Lama!!!
Là j'ai réellement commencé à me séparer de la sangha... Je ne parle pas en plus des problèmes de communication, des gens qui gère l'association qui n'ont pas réellement le temps de le faire (ou es le bouddhisme la dedans). La fois ou l'on m'a demandé de faire partie de la commission communication et internet et où je n'ai rien eu à dire (alors que mon projet était abouti) et que finalement il n'y a rien eu de fait jusqu'à ce que, beaucoup plus tard, je propose directement au président de mettre en ligne le site et de m'en occuper (ce que j'ai fait jusqu'à fin 2006)...

Mais aujourd'hui il n'y a plus que UNE SEULE pratique de Tchenrézi par semaine au centre!!!

Il y a eu aussi le formidable hasard qui a fait que Lama Tsutrim commencait une formation de bénévole en soins palliatifs quasi en même temps que moi, mais pas dans la même association. Là aussi je lui avais proposé de nous regrouper et peut être de créer un groupe de pratiquants bouddhistes, formés en soins palliatifs, et qu'en plus de nos bénévolat dans nos associations respectives nous proposions notre aide aux bouddhistes de la région. Je n'ai jamais eu de réponse!!!
Alors...
... chacun son karma mais moi je ne veux plus rien avoir à faire avec ce type de personnes!!!


    Voilà où j'en suis aujourd'hui. Ajoutez à cela que j'ai contacté de nombreux centres du bouddhisme tibétain (surtout en province, pas encore à Paris) pour savoir si l'on pouvait pratiquer des retraites studieuses d'une semaine ou encore des formations en soins palliatifs, mais du point de vue bouddhiste. Je ne donnerais pas de noms de centre, il y en a en plus beaucoup, mais dans aucun d'entre eux on ne peut venir à l'envie passer une semaine de retraite (alors que ces centres sont occupés en permanence par des moines et Lamas). Je n'ai pas encore pu suivre les formations en soins palliatifs bouddhistes car systématiquement (enfin du moins pour ceux qui m'intéressaient) elles étaient annulées en raison du nombre insufisant de participants!!!